Il était une fois un pauvre paysan qui avait pour métier de briser les rochers de la montagne pour les transformer en cailloux qui serviraient à faire des routes. Il besognait de longues heures tous les jours sous le soleil ardent, martelant et cognant ses blocs de pierre. Un jour, le roi du pays vint à passer par là, chevauchant une magnifique monture et couvert de toutes les parures de son rang. Pendant qu’il peinait, notre paysan songea :

— Ah, si j’étais roi, quelle puissance j’aurais ! Je parcourrais mon royaume et je dispenserais de grands bienfaits à mes sujets…

Le Grand Puissant des Cieux entendit ses pensées et fit de lui un roi. Roi, il sillonnait son royaume à cheval, et accordait ses grâces, vêtu des riches et lourds vêtements de sa condition. Mais, le soleil était torride et le roi suffoquait.

— Ah, si j’étais le soleil, quelle puissance j’aurais ! pensa le roi. J’illuminerais les hommes et je serais la source de grands bienfaits…

Le Grand Puissant des Cieux entendit ses pensées et le transforma en soleil. Soleil, il éclairait les hommes de l’aube au crépuscule et les irradiait de sa bienfaisante chaleur. Mais un nuage passa par là. Il masqua le soleil et une ombre couvrit la surface de la terre.

— Ha ha ! Le soleil n’est pas si puissant que cela, se dit le soleil. Si j’étais un nuage, quelle puissance j’aurais ! Je ferais la pluie et le beau temps, et je serais une source de grands bienfaits pour les hommes…

Et le Grand Puissant des Cieux, entendant ces paroles, transforma le soleil en nuage. Il faisait pleuvoir aux bons moments, et les hommes avaient d’abondantes récoltes. Mais un jour, il s’aperçut qu’il ne pouvait pas dépasser la montagne. Celle-ci, trop haute, l’en empêchait.

— Ah ! se lamenta le nuage, les nuages ne sont pas si puissants que cela. La montagne leur est supérieure, se dit-il. Si j’étais une montagne, je serais une ombre bienfaisante pour les hommes et je les protégerais du vent…

Entendant ces paroles, le Grand Puissant des Cieux le transforma en montagne. Et la montagne était bien fière. Mais, regardant à ses pieds, que vit-elle alors ? Un pauvre vieillard qui la brisait par petits morceaux pour en faire des cailloux qui serviraient à faire des routes…

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